Münchener Post - Les boutiques solidaires "polluent cinq fois moins" que Vinted, selon un rapport Oxfam

München - 17°C

DANS LES NOUVELLES

Les boutiques solidaires "polluent cinq fois moins" que Vinted, selon un rapport Oxfam
Les boutiques solidaires "polluent cinq fois moins" que Vinted, selon un rapport Oxfam / Photo: ROMAIN PERROCHEAU - AFP/Archives

Les boutiques solidaires "polluent cinq fois moins" que Vinted, selon un rapport Oxfam

"Tous les modèles de seconde main ne se valent pas": un rapport de l'ONG Oxfam publié jeudi estime que les boutiques solidaires, les friperies commerciales et les plateformes type Vinted n'ont ni "les mêmes objectifs", ni "les mêmes impacts".

Taille du texte:

Pour cinq kilos de vêtements injectés dans chacun de ces circuits, l'empreinte carbone diffère: 0,6 kg de CO2 dans le premier cas, 2,9 kg dans le deuxième et 3,1 kg pour le dernier.

C'est ce qu'a chiffré, via des modélisations, le cabinet RDC Environnement pour l'ONG britannique Oxfam, qui détient en France huit boutiques solidaires.

L'ONG estime, en se basant sur cette étude réalisée par le cabinet indépendant qui oeuvre également, en France, pour l'Ademe (Agence de la transition écologique), que derrière l'expression "seconde main", se cachent différents modèles "aux objectifs parfois opposés".

Là où le réseau des boutiques solidaires prend en charge localement les différentes étapes de tri, collecte et revente, les fripes lucratives importent massivement leurs vêtements de l'étranger, selon Oxfam, avec le coût environnemental, notamment en termes de transport, que cela suppose.

Quant aux plateformes numériques de revente entre particuliers, elles "multiplient les emballages et les moyens de transport" avec l'envoi de petits colis, a analysé Eloïse Bazin, chargée de plaidoyer à Oxfam France, lors d'une présentation presse.

Surtout, pour l'ONG, les objectifs poursuivis ne se valent pas.

Oxfam, Emmaüs, Le Relais ou la Croix-Rouge cherchent à favoriser le réemploi des vêtements, mais aussi l'insertion de personnes vulnérables en les employant en boutiques, quand pour les acteurs commerciaux, il s'agit de faire des bénéfices.

Les grandes marques se mettent aussi à la seconde main, en ouvrant des espaces dédiés dans leurs magasins et en délivrant un bon d'achat pour chaque vêtement usagé remis.

Elles "ont fait des études marketing qui montrent que les gens achètent toujours plus que le bon d'achat", dénonce Cécile Duflot, la directrice générale d'Oxfam France.

Une incitation à consommer au coeur également du modèle économique des plateformes numériques qui "repose moins sur la réduction de la consommation que sur l'intensification des échanges", selon le rapport.

La seconde main gagne du terrain en France, ayant augmenté de 4,8% en volumes entre 2024 et 2025 et représentant désormais 7% des achats textiles, selon l'éco-organisme Refashion.

Mais "le secteur lucratif prend de plus en plus de place" en parallèle, avertit Oxfam, avec six vêtements d'occasion sur dix qui sont vendus par ce biais.

O.Braun--MP