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Protection des mineurs: après Meta, TikTok accepte de limiter le temps d'écran des adolescents
Protection des mineurs: après Meta, TikTok accepte de limiter le temps d'écran des adolescents / Photo: Nicolas TUCAT - AFP/Archives

Protection des mineurs: après Meta, TikTok accepte de limiter le temps d'écran des adolescents

Après Meta, TikTok accepte à son tour de limiter à deux heures par jour son utilisation par les adolescents, dans un accord avec l'Alabama calqué sur celui du propriétaire d'Instagram, qui rapproche les réseaux sociaux américains de règles communes négociées avec les Etats.

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Annoncé vendredi par le procureur général de l'Alabama, Steve Marshall, l'accord évite à trois jours près le premier procès intenté par un Etat contre TikTok, qui devait s'ouvrir lundi à Montgomery.

Le réseau social versera 116,2 millions de dollars, dont 100 millions de réparation, et jusqu'à 300 millions au total si d'autres Etats acceptent des accords similaires, selon le texte, signé sans reconnaissance de responsabilité.

Les grandes plateformes font face à un vaste contentieux aux Etats-Unis, où des milliers de familles et de districts scolaires, ainsi que la quasi-totalité des Etats, les accusent de nuire à la santé mentale des jeunes.

Meta a accepté en août de payer environ 17 milliards de dollars pour clore les poursuites des Etats.

Comme Meta, TikTok devra imposer par défaut aux 13-17 ans une limite quotidienne de deux heures, couper leur accès entre minuit et 6H00 et suspendre les notifications pendant les heures de cours. Il devra aussi renforcer la vérification de l'âge, bannir les filtres esthétiques pour les adolescents et leur proposer un fil de contenus non personnalisé.

L'accord reprend également le mécanisme de celui de Meta: des restrictions plus strictes, dont une coupure nocturne étendue de 22H00 à 7H00, n'entreront en vigueur que si Meta, Snap et YouTube s'y engagent aussi en Alabama.

L'accord de Meta, dont l'Etat doit recevoir 117 millions de dollars, subordonne de la même façon ses mesures les plus strictes à l'engagement de TikTok, Snap et YouTube.

Les 183,8 millions de dollars conditionnels seront versés par paliers, à mesure que 10, 20, 30 puis 40 procureurs généraux concluront des accords similaires avec TikTok.

"C'est un grand jour pour les parents d'Alabama", s'est félicité M. Marshall, assurant que TikTok avait accepté de "donner aux parents un vrai contrôle sur ce que voient leurs enfants et sur le temps qu'ils passent sur l'application".

- "Machine à sous" -

La priorité de TikTok "a toujours été de favoriser un espace sûr et positif où chacun peut être créatif, découvrir ce qu'il aime et se connecter avec sa communauté", a réagi auprès de l'AFP un porte-parole de sa coentreprise américaine, évoquant un engagement à "améliorer continuellement" ses outils de sécurité "pour protéger les adolescents".

TikTok a jusqu'ici toujours transigé à la veille des procès: en janvier avec une jeune femme à Los Angeles (contrairement à YouTube et Meta qui ont été condamnés), puis en juin, pour 8 millions de dollars, avec un district scolaire du Kentucky. Fin août, il a accepté de payer jusqu'à 400 millions de dollars pour clore des poursuites fédérales sur la collecte illégale de données d'enfants.

Si l'affaire était allée jusqu'à l'audience, elle aurait exposé pour la première fois la gestion de la sécurité des mineurs chez TikTok, via l'examen de documents internes et les dépositions de salariés et de dirigeants.

L'Alabama avait poursuivi TikTok et sa maison mère chinoise ByteDance en avril 2025, accusant l'application d'être conçue "comme une machine à sous sophistiquée" pour rendre les jeunes accros, selon sa plainte.

Il avait ensuite resserré ses accusations sur la tromperie des parents quant à l'efficacité des outils censés protéger les mineurs.

Plus d'une douzaine d'autres Etats, dont la Californie et New York, poursuivent toujours TikTok, passé en janvier sous le contrôle d'une coentreprise à majorité américaine dont ByteDance détient un peu moins de 20%.

O.Wagner--MP