Münchener Post - Report du "grand oral" de Nicolas Barré pour diriger Libération, sur fond d'opposition

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Report du "grand oral" de Nicolas Barré pour diriger Libération, sur fond d'opposition
Report du "grand oral" de Nicolas Barré pour diriger Libération, sur fond d'opposition / Photo: STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives

Report du "grand oral" de Nicolas Barré pour diriger Libération, sur fond d'opposition

Le "grand oral" de Nicolas Barré prévu lundi pour présenter son projet à la tête de Libération a été reporté sur fond d'opposition de la rédaction à l'arrivée du journaliste passé par Le Figaro et Les Echos, a appris vendredi l'AFP auprès de plusieurs sources.

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En lieu et place de ce rendez-vous, c'est Denis Olivennes, président de la société actionnaire principale de Libération, qui viendra lui-même expliquer les raisons de son choix pour remplacer Dov Alfon, patron respecté du journal sur le départ, a-t-il annoncé après une rencontre avec la Société des journalistes et du personnel de Libération (SJPL).

"Nous sommes convenus que j'allais exposer les raisons de ma proposition à la rédaction lundi et qu'on repoussait par conséquent la rencontre entre Nicolas Barré et la rédaction", a indiqué M. Olivennes dans une déclaration à l'AFP.

Vendredi, la rédaction avait "exprimé son incompréhension face au choix de Nicolas Barré" lors d'une assemblée générale, a indiqué de son côté la SJPL, précisant que l'échange qui a suivi avec M. Olivennes a été "constructif".

"Personne ne veut de crise", a ajouté Denis Olivennes, par ailleurs président du conseil de surveillance de CMI France, la branche française du groupe du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

Le nom de Nicolas Barré a été proposé dès mercredi, peu après l'annonce surprise du départ du journaliste franco-israélien Dov Alfon de son poste de directeur, occupé depuis 2020. D'après plusieurs sources au sein de Libé, de nombreux journalistes s'opposent à ce remplacement.

Nicolas Barré a dirigé la rédaction du Figaro dans les années 2000, puis pendant plus de dix ans celle des Echos, le quotidien économique dont l'actionnaire est le groupe de luxe LVMH du milliardaire Bernard Arnault. Il en avait été écarté en 2023, avant un passage à la tête de Politico.

"Son parcours ne plaide pas pour une greffe réussie", a indiqué sous couvert d'anonymat un journaliste de Libé, quotidien né dans le sillage de Mai 68 et ancré à gauche.

La rédaction peut exercer un droit de véto sur la nomination du directeur, dans une limite de trois fois. Mais "le journal tourne, et on veut éviter une crise" à un an de la présidentielle, a plaidé un autre journaliste.

Malgré son redressement sous la direction de Dov Alfon, Libération n'échappe pas aux difficultés de la presse.

Selon le média L'Informé, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky l'a renfloué à quatre reprises depuis 2022, la dernière fois en décembre à hauteur de 17 millions d'euros et pour un total de 59 millions.

P.Walsh--MP