Marchés mondiaux: les puces délaissées, le pétrole glisse encore
Les Bourses mondiales ont misé mardi sur leurs valeurs sûres face au déclin du secteur des semi-conducteurs, tandis que le pétrole a poursuivi sa chute avec la pause des hostilités au Moyen-Orient.
A Wall Street, le Dow Jones - à coloration industrielle - a gagné 1,03% tandis que l'indice Nasdaq, qui regroupe les grands noms de la technologie, a perdu 0,22%. L'indice élargi S&P 500 a progressé de 0,22%.
En Europe, les grandes Bourses ont terminé en hausse. A Paris (+0,63%), Francfort (+0,41%), les investisseurs se sont repliés sur les solutions technologiques traditionnelles de Capgemini (+6,92%) et SAP (+5,42%).
Londres a également progressé (+0,83%), mais Milan a perdu 0,69%.
La journée a commencé par un recul des bourses asiatiques, baromètres de la santé du secteur des puces et autres composants électroniques (microprocesseurs, cartes mémoire) indispensables aux centres de données de l'intelligence artificielle (IA) pour le stockage et l'entraînement des modèles.
La Bourse de Séoul a dévissé de plus 10% mardi à la clôture et celle de Tokyo a lâché 4%. A Séoul, Samsung Electronics et SK Hynix, poids lourds de la cote, ont abandonné jusqu'à 14% en séance.
Le secteur a ainsi réagi fortement aux informations sur des percées technologiques en Chine.
Selon le site The Information, l'entreprise Shanghai Yuliangsheng a lancé la production industrielle de machines de lithographie dans l'ultraviolet profond (DUV), qui permet de fabriquer des puces très puissantes.
Jusqu'à présent, cette technologie était le monopole du groupe néerlandais fabricant de machines de photolithographie AMSL, qui a encore reculé mardi à Amsterdam (-2,90%). ASML est la première capitalisation boursière européenne.
"On joue à se faire peur", estime auprès de l'AFP l'analyste Grégoire Kounowski de Norman K, qui renvoie à l'épisode de Deepseek, le modèle chinois qui avait remis en cause l'idée d'une domination américaine sans partage sur l'IA à son lancement en janvier 2025.
"Les valorisations élevées" du secteur et "les dynamiques de financement circulaires" crispent aussi les investisseurs, explique Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Dans ce contexte, les marchés seront particulièrement attentifs aux performances trimestrielles des géants de la tech Microsoft et Meta mercredi, suivies de celles d'Apple et Amazon jeudi.
- Le pétrole chute encore -
L'autre moteur des marchés boursiers a été la baisse du pétrole face à l'accalmie au Moyen-Orient, de quoi atténuer les craintes inflationnistes.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a chuté de 4,83% à 84,09 dollars. Depuis jeudi dernier, il a glissé de plus de 17%.
Le baril de West Texas Intermediate a reculé de 4,06%, repassant sous le seuil des 80 dollars, à 79,26 dollars.
Donald Trump a jugé la veille que les discussions avec l'Iran avaient "de bonnes chances" d'aboutir. "En ce moment, ils nous parlent de conclure un accord", a déclaré le président américain sans fournir davantage de détail.
"Ce marché ne s'appuie plus sur des principes fondamentaux", juge auprès de l'AFP Stephen Schork, de The Schork Group. "Il évolue au gré des déclarations de Donald Trump."
"L'ampleur de la baisse des prix est probablement exagérée et motivée uniquement par l'espoir" d'une trêve et d'un retour à la normale sur le marché pétrolier, souligne de son côté Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.
- Les yeux tournés vers la Fed -
Les opérateurs attendent l'issue de la réunion de deux jours de la Réserve fédérale (Fed), qui devrait garder ses taux inchangés, au même niveau depuis décembre (entre 3,50% et 3,75%).
"Mais la Fed pourrait surprendre le marché" en rehaussant ses taux pour lutter contre l'inflation, percutée de plein fouet par la guerre au Moyen-Orient, explique Patrick O'Hare. "Cela provoquerait sans aucun doute des remous sur les marchés boursiers."
La réponse sera connue mercredi, à 14H00, heure locale (18H00 GMT).
En attendant, les taux d'emprunt américains à dix ans se détendaient à 4,61% contre près de 4,65%, signe d'un recul des risques d'inflation dans l'esprit des créanciers.
Il en allait de même pour le rendement des taux d'emprunt allemands à dix ans (3,10%, contre 3,13% la veille) et français (3,88% contre 3,92%).
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Y.Ingvar--MP