Corée du Sud: nouveau mandat d'arrêt contre l'ex-président Yoon
Un tribunal sud-coréen a émis vendredi un nouveau mandat d'arrêt à l'encontre de l'ancien président Yoon Suk Yeol, afin de prolonger la détention de l'ex-chef d'Etat qui avait brièvement imposé la loi martiale fin 2024.
En novembre, les procureurs avaient inculpé M. Yoon de plusieurs chefs d’"aide à l’ennemi", alléguant qu'il avait ordonné des vols de drones au-dessus de la Corée du Nord pour justifier ses efforts visant à instaurer la loi martiale.
"Le mandat a été délivré car on craignait qu’il puisse détruire des preuves", a expliqué à l'AFP un responsable du tribunal de district central de Séoul. Le mandat initial devait expirer le 18 janvier, et le nouveau mandat permet une extension maximale de six mois.
M. Yoon a été destitué en avril après avoir plongé la Corée du Sud dans une crise politique inédite. Il a tenté de subvertir le pouvoir civil le 3 décembre 2024, en envoyant l'armée au parlement afin d'empêcher les députés de rejeter sa déclaration de loi martiale.
Il est devenu le premier président en exercice du pays à être placé en détention à l'issue de son arrestation en janvier 2025 après avoir résisté pendant des semaines, utilisant son service de sécurité présidentielle pour empêcher les enquêteurs de l'arrêter.
Il a été libéré pour des raisons de procédure en mars, tandis que son procès pour insurrection se poursuivait, mais a de nouveau été placé en détention début juillet en raison de craintes qu'il ne détruise des preuves liées à l'affaire.
Il est également jugé pour des charges, notamment d’entrave à la justice, après avoir été accusé d'avoir exclu des membres du cabinet d'une réunion sur la loi martiale et, en janvier, empêché les enquêteurs de le placer en détention.
La semaine dernière, les procureurs ont requis une peine de 10 ans de prison pour ces charges. Un tribunal de Séoul devrait rendre un verdict dans l'affaire le 16 janvier.
L.Sastre--MP