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Des libérations d'opposants toujours attendues au Venezuela

Des libérations d'opposants toujours attendues au Venezuela

Les Vénézuéliens attendaient toujours dimanche la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le pouvoir à la suite de la capture par les Etats-Unis de Nicolas Maduro.

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Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d'un "nombre important" de prisonniers, y compris étrangers. Mais, celles-ci se produisent au compte-gouttes et des familles s'impatientent.

L’ONG Foro Penal, qui défend les personnes détenues dans le pays pour des raisons politiques, a comptabilisé dimanche à midi 17 libérations, d'autres organisations de défense des droits humains évoquant le chiffre de 21. Selon les ONG il existe entre 800 et 1.200 prisonniers politiques dans le pays.

Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de "coexistence pacifique", l'administration du président américain Donald Trump y voyant la conséquence directe de l'opération ayant conduit à la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier.

Des proches campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l'Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l'est de Caracas.

-Plus de pétrole pour Cuba-

Une quarantaine de proches attendent toujours dimanche à Rodeo I une libération importante, et certaines familles ont organisé des "relais" pour qu'au moins un proche soit présent en permanence.

Le dimanche est traditionnellement un jour de visites, l'occasion d'apporter des produits d'hygiène ou de la nourriture et de voir ses proches.

"Nous ne sommes pas venus en visite, nous sommes venus les chercher", souligne Angeles Tirado, 33 ans, dont les proches sont emprisonnés.

Un collectif d'ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d'Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Agent comptant plus de vingt ans de service, il avait été arrêté le 9 décembre pour avoir "partagé des messages critiques à l'encontre du régime et du gouverneur de l'Etat".

Le parquet a confirmé sa mort dimanche après-midi indiquant qu'il avait été "victime d’un accident vasculaire cérébral, suivi d’un arrêt cardiaque, qui a entraîné son décès".

Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention au Venezuela, selon des organisations de défense des droits humains.

Dans la foulée de la chute surprise du président Maduro, la vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie comme cheffe de l'Etat par intérim. Elle négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.

Son gouvernement a décidé d'entamer "un processus exploratoire" en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu'il n'est pas "soumis" à Washington.

Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l'administration Trump "reste en contact étroit avec les autorités intérimaires", a indiqué samedi un responsable du département d'Etat.

M. Trump a affirmé avoir "annulé" une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la "coopération" de Caracas, et Washington entend "dicter" toutes ses décisions.

Dimanche, le président américain, qui veut en finir avec la collaboration entre Caracas et la Havane, a durci le ton contre Cuba et exhorté le pays caribéen à accepter "avant qu'il ne soit trop tard" un "accord" dont il n'a pas précisé la nature, suscitant la colère de son homologue à La Havane.

"IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA — ZÉRO !", a écrit M. Trump en lettres majuscules sur son réseau social Truth Social.

Ce à quoi lui a répondu sur X le président cubain Miguel Diaz-Canel: "personne ne dicte quoi faire", Cuba, pays communiste et adversaire des Etats-Unis depuis des décennies, est "une nation libre, indépendante et souveraine".

Caracas a réagi en fin d'après-midi affirmant que les "relations internationales doivent être régies par les principes du droit international, la non-ingérence, l’égalité souveraine des États et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes".

- "Des combattants" -

Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, où il est incarcéré, M. Maduro s'est montré confiant. "Nous allons bien. Nous sommes des combattants", a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.

Accusés notamment de trafic de drogue, l'ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.

D.Richter--MP