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Présidentielle au Portugal: centre gauche et extrême droite au second tour
Présidentielle au Portugal: centre gauche et extrême droite au second tour / Photo: PATRICIA DE MELO MOREIRA - AFP

Présidentielle au Portugal: centre gauche et extrême droite au second tour

Le candidat socialiste Antonio José Seguro est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle de dimanche au Portugal devant le leader de l'extrême droite André Ventura, qui engrange un nouveau succès en se qualifiant pour le second tour prévu le 8 février.

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Alors que l’élection d'un président portugais n'avait pas requis un second tour depuis 1986, ce scénario témoigne des bouleversements provoqués par la montée de l'extrême droite dans le pays ibérique.

Contrairement à ce que prévoyaient les sondages publiés avant le vote, M. Ventura, un député de 43 ans, ne remporte pas ce premier tour mais franchit un nouveau palier dans sa progression électorale des dernières années, alors que son parti Chega ("Assez") est déjà la première force d'opposition au gouvernement de droite.

Selon des résultats partiels portant sur 95% des circonscriptions, M. Seguro, un socialiste ancré au centre âgé de 63 ans, obtient 30,6% des suffrages contre 24,2% pour M. Ventura et 15,5% pour le candidat arrivé en troisième position, le libéral Joao Cotrim Figueiredo.

Le Premier ministre Luis Montenegro, reconduit en mai dernier à la tête d'un exécutif minoritaire, devra en tout cas cohabiter avec un chef de l'Etat qui n'est pas issu de son camp contrairement au président sortant, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa.

- Campagne à suspense -

Au bout d'une campagne électorale à grand suspense, avec un nombre record de onze candidats, le candidat soutenu par le gouvernement, Luis Marques Mendes, arrive en cinquième position, avec 12% des voix.

Toujours selon ces résultats partiels, l'indépendant Henrique Gouveia e Melo, un amiral à la retraite qui avait dirigé avec succès la campagne de vaccination contre le Covid-19, a fini quatrième, obtenant 12,2% des voix.

Déjà candidat en 2021, le leader d'extrême droite André Ventura avait alors recueilli 11,9% des suffrages, soit près de 500.000 voix, pour terminer en troisième position, juste derrière une candidate socialiste dissidente.

Depuis, son parti Chega n'a cessé de progresser dans les urnes, obtenant 22,8% des suffrages et 60 députés aux législatives de mai dernier, et dépassant le Parti socialiste en tant que premier parti d'opposition au gouvernement minoritaire de M. Montenegro.

"Un nouveau score solide pour l’extrême droite confirmerait sa domination sur le paysage politique" et marquerait un nouveau chapitre dans "la bataille en cours au sein de la droite, entre le centre droit traditionnel et l'extrême droite émergente", avait résumé le cabinet d'analyses Teneo dans une note publiée avant le vote.

- "Signal d'alerte" -

Autoproclamé "candidat du peuple", M. Ventura a terminé sa campagne en demandant aux autres partis de droite de ne pas lui "faire obstacle" en cas d'éventuel second tour l'opposant au candidat socialiste.

Mais, dans son tout dernier meeting de campagne, il avait de nouveau durci le ton, refusant d'essayer de "plaire à tout le monde" et promettant de "mettre de l'ordre" dans le pays.

La popularité croissante d'André Ventura constitue "un signal d'alerte" pour le Portugal "car les gens désespèrent de voir du changement", a témoigné Irina Ferestreoaru, une électrice de 33 ans d'origine roumaine.

"Nous, les jeunes, nous ne sommes pas contents du pays que nous avons", a ajouté cette employée d'un magasin de vins après avoir voté dans le centre de Lisbonne.

Ayant fait le choix d'un vote utile à gauche, Alexandre Leitao, un biologiste de 50 ans, a dit assister avec "une grande inquiétude" à "une dérive vers l'extrême droite très négative".

Le socialiste Antonio José Seguro a fait campagne en s'affichant comme un candidat rassembleur et modéré, défenseur de la démocratie et des services publics.

"Je crois dans le bon sens des Portugais", a-t-il déclaré en votant dimanche à Caldas da Rainha, dans le centre du pays, où il réside et où il devait réagir dimanche soir.

H.Klein--MP