Gaza: Israël doit rouvrir dimanche le passage de Rafah, avec des restrictions draconiennes
Israël a annoncé vendredi que le poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte rouvrirait dimanche, une décision assortie de restrictions draconiennes sur fond de trêve fragile dans le territoire palestinien.
Le passage ouvrira le 1er février "dans les deux sens, pour un mouvement limité de personnes uniquement", écrit le Cogat, organisme du ministère de la Défense israélien supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés.
Les Palestiniens de Gaza, l'ONU et nombre d'ONG internationales attendent avec impatience cette réouverture. Car la situation humanitaire reste dramatique pour les plus de deux millions d'habitants, vivant largement sous tente dans un territoire dévasté et livré aux intempéries de l'hiver.
Mais les conditions posées par Israël sont loin de satisfaire à leurs demandes.
Il faudra "une autorisation sécuritaire préalable" des autorités israéliennes pour sortir et entrer dans la bande de Gaza, en coordination avec l'Egypte et sous la supervision de la mission de l'Union européenne dite EUBAM Rafah, selon le communiqué du Cogat.
Et le retour des Palestiniens résidant en Egypte sera autorisé seulement pour ceux "ayant quitté Gaza au cours de la guerre".
"En plus de l'identification et du filtrage initiaux au passage de Rafah par la mission de l'UE", un processus supplémentaire aura lieu dans un couloir dédié "dans une zone sous contrôle" de l'armée, précise encore l'organisme.
- Fin de la première phase -
Le poste-frontière de Rafah est le seul point d'entrée et de sortie entre la bande de Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël.
Il est situé dans la partie de Gaza qui reste sous le contrôle de l'armée israélienne depuis son repli opéré au début du cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre sous la pression des Etats-Unis après plus de deux ans de guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas.
La réouverture de Rafah doit aussi permettre l'arrivée des membres du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), groupe de 15 technocrates chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire, dans le cadre du plan du président américain Donald Trump en vue de mettre un terme à la guerre de Gaza.
Alors que les belligérants s'accusent mutuellement de violer la trêve de façon quotidienne et qu'ils ne sont pas acquittés de l'intégralité de leurs engagements, Washington a annoncé mi-janvier le passage à la deuxième phase du cessez-le-feu.
La première phase prévoyait notamment la libération ou la restitution de tous les otages israéliens et étrangers, vivants ou morts, détenus par le Hamas ou ses alliés dans la bande de Gaza en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël et de la remise de corps d'habitants de Gaza tués depuis le début de la guerre.
- Frappes aériennes -
Cette séquence s'est achevée jeudi avec la restitution aux autorités de Gaza, par l'intermédiaire de la Croix-Rouge, des corps de 15 Palestiniens, au lendemain des funérailles du dernier otage israélien, Ran Gvili, dont les restes avaient été exhumés en début de semaine par l'armée israélienne dans un cimetière du nord de Gaza.
Aux termes du plan américain pour Gaza endossé en novembre par le Conseil de sécurité des Nations unies, la deuxième étape de la trêve prévoit notamment le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais (mais) il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré jeudi M. Trump à propos du Hamas, qui n'avait pas encore réagi à ces propos vendredi matin.
Dans un nouvel incident entre les deux parties, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir mené des frappes aériennes avant l'aube dans la zone de Rafah.
Trois "terroristes" ont ainsi été tués après être sortis "d'infrastructures souterraines" et les forces israéliennes "poursuivent les recherches dans le secteur afin [d'en] éliminer" cinq autres identifiés avec eux, a indiqué l'armée sans plus de précisions.
A.Roth--MP