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Venezuela: des milliers de partisans de Maduro dans la rue pour réclamer son retour
Venezuela: des milliers de partisans de Maduro dans la rue pour réclamer son retour / Photo: Pedro MATTEY - AFP

Venezuela: des milliers de partisans de Maduro dans la rue pour réclamer son retour

Des milliers de partisans du pouvoir ont défilé mardi dans les rues de Caracas pour réclamer le retour du président déchu vénézuélien Nicolas Maduro, capturé par les Etats-Unis il y a un mois, le 3 janvier.

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La présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a annoncé une loi d'amnistie générale vendredi sous pression américaine, a annoncé "travailler intensément" sur le texte.

Il s'agira selon elle d'une "loi d'amnistie qui permettra, durant toute cette période de violence politique, d'extrémisme, de mener une politique nationale". L'opposition espérait que le texte serait présenté mardi.

Le député d'opposition Tomás Guanipa a demandé au pouvoir de faire "vite".

"J'espère que l'amnistie ouvrira la voie à la réconciliation, à la coexistence, à la paix, à la démocratie", a déclaré à l'AFP son collègue Stalin Gonzalez.

Dans la rue, des milliers de partisans du pouvoir, dont de nombreux employés du secteur public, ont scandé des slogans comme "Le Venezuela a besoin de Nicolas", ou "Vamos Nico" .

Ils ont déployé un énorme drapeau avec la photo de M. Maduro et de l'ex-Première dame, Cilia Flores, avec la mention, en anglais: "Bring them back" (ramenez-les à la maison, NDLR).

Organisée par le pouvoir dans le centre de Caracas, la manifestation a rassemblé des militants souvent habillés de rouge, couleur du parti de Maduro, le PSUV, et portant d'innombrables drapeaux pendant que des camions hauts-parleurs diffusaient de la musique. Certains manifestants brandissaient des photos de Maduro et de Cilia Flores.

"Nous nous sentons confus, tristes, en colère. Après la colère, après le désespoir, après l'incertitude, l'espoir reste dans la rue. Tôt ou tard ils devront libérer notre président", a affirmé José Perdomo, 58 ans, employé municipal, tout en disant soutenir "à 100% les décisions prises par notre présidente par intérim, Delcy Rodriguez".

Mme Rodriguez, qui outre la loi d'amnistie avait aussi annoncé vendredi la fermeture de la tristement célèbre prison de l'Hélicoïde et une réforme judiciaire, a promis mardi une réforme du code minier. Celle-ci devrait, tout comme la nouvelle loi sur le pétrole adoptée la semaine dernière, ouvrir le secteur au privé.

- "Traitres jamais" -

Mme Rodriguez a fait libérer des centaines de détenus politiques, même si ces libérations s'opèrent toujours au compte-gouttes avec des familles qui continuent à camper devant les prisons.

Sur son compte Telegram, le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a évoqué "les blessures ouvertes" après l'attaque américaine, et affirmé que l'armée soutenait "les efforts déployés de la cheffe de l'Etat pour promouvoir la réconciliation, l'union nationale, la reprise économique et le renforcement du système démocratique".

"Aucune décision n'a été prise au détriment de la souveraineté, ni au mépris de l'indépendance nationale. Aujourd'hui, l'honneur et la morale intacts, nous réitérons: Indépendance ou rien! Fidèles toujours, traîtres jamais! Nous vaincrons!"

- Etudiants dans la rue -

L'opposition vénézuélienne insiste elle sur la nécessité d'un changement de gouvernement par le biais d'élections.

Les relations entre Caracas et Washington avaient été rompues en 2019 quand les Etats-Unis, sous le premier mandat du président Donald Trump, avaient contesté la réélection à la présidence de M. Maduro.

Dans la matinée, des étudiants et des familles de prisonniers politiques ont demandé au pouvoir d'adopter rapidement la loi d'amnistie promise vendredi par Mme Rodriguez.

Cette mobilisation a rassemblé quelque 500 personnes à l'Université centrale du Venezuela (UCV), la plus importante du pays. "La liberté est dans la rue et personne ne l'arrêtera", ont scandé les manifestants.

"Les gens se demandent ce qu'ils voient: ce sont les étudiants de nouveau dans la rue", ont-ils chanté.

Les manifestations contre le gouvernement étaient devenues rares au Venezuela, après la répression des protestations contre la réélection contestée de Nicolas Maduro en 2024 qui s'étaient soldées par environ 2.500 arrestations.

A.Gmeiner--MP