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Colombie: Abelardo de la Espriella désigné vainqueur de la présidentielle
Colombie: Abelardo de la Espriella désigné vainqueur de la présidentielle / Photo: Raul ARBOLEDA, Jaime SALDARRIAGA - AFP/Archives

Colombie: Abelardo de la Espriella désigné vainqueur de la présidentielle

Abelardo de la Espriella a été désigné vainqueur de la présidentielle en Colombie mercredi par l'autorité électorale, peu après que son rival de gauche a reconnu sa défaite dans le scrutin le plus serré et à la participation la plus élevée de l'histoire du pays.

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Le Conseil national électoral (CNE) a comptabilisé 12.960.166 voix pour le candidat de droite dure de 47 ans, avocat et chef d'entreprise millionnaire, et 12.708.312 pour le sénateur de gauche de 63 ans, défenseur des droits humains.

"J'ai décidé d'accepter le résultat qui découle de ce processus et qui dit qu'Abelardo de la Espriella est le nouveau président de la République", avait plus tôt déclaré Iván Cepeda lors d'une conférence de presse.

Il avait initialement déclaré qu'il n'accepterait les résultats qu'après le décompte final.

"Je le fais pour contribuer à la coexistence, à la paix et au dialogue entre Colombiens", a ajouté M. Cepeda qui avait lancé lundi un appel "au calme" après les manifestations et affrontements qui ont éclaté entre ses partisans et la police antiémeute dans des villes comme Bogotá et Cali.

Gustavo Petro, qui reste l'unique président de gauche de l'histoire de la Colombie, avait dénoncé de présumées atteintes au logiciel de l'autorité électorale et avait évoqué la possibilité d'annuler le vote en raison de "l'intervention directe" des États-Unis, après le soutien apporté par Donald Trump à M. De la Espriella.

L'organisme chargé des élections avait affirmé mardi que le dépouillement définitif faisait apparaître une concordance à 99,9% avec le précompte initial sorti des urnes de dimanche.

La mission d'observation électorale de l'Union européenne a écarté mardi toute "irrégularité".

- Nouvel allié pour Trump -

Le millionnaire antisystème Abelardo de la Espriella, tenant d'un discours radical contre la gauche, promet une lutte frontale contre le crime organisé et une politique économique ultralibérale.

"Nous assumerons, si nécessaire, la résistance et la désobéissance civile pacifique", a déclaré M. Cepeda, qui a mis en garde contre "toute tentative de soumission autoritaire".

Le bureau de M. De la Espriella a assuré dans un communiqué que le prochain gouvernement garantirait le "droit à l'opposition politique et à la manifestation pacifique".

La victoire du candidat de droite dure constitue un nouveau succès pour la politique menée par Donald Trump en Amérique latine.

Depuis le retour du républicain à la Maison Blanche en janvier 2025, plusieurs pays de la région - parmi lesquels l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l'Equateur et le Honduras - ont amorcé ou confirmé un virage conservateur.

Au Venezuela, la capture de Nicolas Maduro en janvier a ouvert un chapitre inédit de collaboration avec les Etats-Unis.

Avec ses nouveaux alliés sud-américains, Donald Trump a lancé en mars la coalition "Bouclier des Amériques" visant à lutter contre le narcotrafic.

La Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, devrait, avec M. De la Espriella à sa tête, la rejoindre.

Durant la campagne, il a promis l'éradication chimique des champs de coca et le soutien armé des Etats-Unis qui pourraient établir des bases militaires dans le pays pour "bombarder" les groupes armés qui se financent grâce au narcotrafic.

Mercredi, M. De la Espriella a affirmé sur X que "la Colombie rétablira et renforcera sa relation avec l'Etat d'Israël comme jamais auparavant", après une conversation téléphonique avec le chef de la diplomatie israélienne Gideon Sa'ar.

M. Petro a rompu les relations diplomatiques, stoppé les exportations de charbon et suspendu l'achat d'armement à Israël.

Le président élu a également promis la construction de méga-prisons, louant les approches sécuritaires menées au Salvador par Nayib Bukele et en Equateur par Daniel Noboa.

Des experts mettent en garde contre une possible escalade de la violence découlant de cette stratégie, dans un pays toujours englué dans plus de 60 ans de lutte armée avec différents groupes de gauche radicale et de gangs liés au narcotrafic et à l'exploitation minière illégale.

Reste ouverte la question de la mise en pratique de ces promesses, la gauche possédant le groupe parlementaire le plus important, même si le président élu pourra théoriquement nouer des alliances.

Y.Hube--MP