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En Espagne, Macron livre ses recettes contre la montée des "extrêmes" en Europe
En Espagne, Macron livre ses recettes contre la montée des "extrêmes" en Europe / Photo: Ludovic MARIN - AFP

En Espagne, Macron livre ses recettes contre la montée des "extrêmes" en Europe

Emmanuel Macron a livré mardi à Madrid ses recettes pour répondre à la crise démocratique et la montée des "extrêmes", à commencer par un investissement massif en faveur d'une "Europe plus forte", un message qui résonne en France à l'approche de la présidentielle.

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Au début d'une visite d'État de deux jours en Espagne, le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, est arrivé au palais royal en Rolls Royce, escorté par la garde royale à cheval en tenue d'apparat.

 

Le soir, ils se sont retrouvés pour un dîner de gala.

Entre les deux, lors d'un débat à l'Université Complutense, Emmanuel Macron a donné son analyse de la "fatigue démocratique" en Europe.

Celui qui avait promis, au soir de sa première élection en 2017, de "tout" faire pour que les Français "n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes", s'apprête à quitter le pouvoir, au printemps, sans avoir concrétisé cet engagement.

- "Consensus bousculé" -

Dans les sondages, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen est favorite pour lui succéder, et les forces aux deux bouts de l'échiquier politique cumulent plus de 55% des intentions de vote.

En Espagne aussi, le socialiste Pedro Sanchez, fragilisé par des affaires judiciaires et confronté à une grave crise du logement, est menacé à quelques mois des législatives par une hypothétique alliance entre la droite et l'extrême droite.

Selon Emmanuel Macron, cette crise démocratique a commencé avec la désindustrialisation car "on n'a plus tenu la promesse" d'une économie qui permettrait à tous de "vivre mieux".

Cela s'est aggravé avec la "crise démographique" que les Européens ont rééquilibré "par l'immigration", ce qui a "bousculé" le "consensus" dans leurs sociétés.

Ensuite, les démocraties traversent une crise "d'efficacité", de par la complexité des processus de décision et la multiplication des contre-pouvoirs, "qui crée une fascination pour les régimes autoritaires".

Cela a favorisé l'émergence de forces "démagogiques" et des "extrêmes", a estimé le président français, car elles proposent des solutions "beaucoup plus rapides" mais "simplistes".

Face à cette crise, décuplée selon lui par les réseaux sociaux et leurs algorithmes sans transparence, Emmanuel Macron a plaidé pour "reprendre le contrôle" de ces plateformes et de l'intelligence artificielle.

Ce thème est l'une des dernières batailles du chef de l'État, qui espère, avant de quitter le pouvoir en mai, interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, malgré les obstacles juridiques -- un objectif partagé par Pedro Sanchez, pour les moins de 16 ans.

"C'est une bataille européenne", a-t-il lancé dans l'amphithéâtre historique.

- L'Europe "trop lente" -

En outre, l'Europe doit selon lui accepter une "simplification" drastique pour "retrouver de l'efficacité collective". Et "retrouver de la capacité à innover" en investissant massivement, "par un budget européen à la hauteur des enjeux et doté de nouvelles ressources propres".

 

Mercredi, au dernier jour de cette première visite d'État d'un président français depuis celle de Nicolas Sarkozy en 2009, Emmanuel Macron et le roi Felipe VI doivent ouvrir dans la matinée un forum économique franco-espagnol.

Le président s'entretiendra ensuite avec le Premier ministre espagnol, au palais de la Moncloa à la mi-journée, avant une conférence de presse commune.

Arrivés au pouvoir au même moment entre 2017 et 2018, le centriste Macron et le socialiste Sanchez n'ont jamais affiché une grande intimité, malgré un positionnement pro-européen similaire.

En pleines négociations au sein de l'Union européenne, le Français espère trouver un allié à Madrid face à l'opposition de plusieurs pays, dont l'Allemagne, à une trop forte augmentation de ce budget, et sur la possibilité de recourir à l'emprunt commun.

Légère ombre au tableau de cette visite: le Sénat espagnol, sous l'impulsion de la droite, a rejeté dans la soirée de mardi la ratification du traité d'amitié franco-espagnol que MM. Macron et Sanchez avaient paraphé en 2023 à Barcelone.

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L.Sastre--MP