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Argentine : Macron et Milei veulent renforcer les liens économiques bilatéraux
Argentine : Macron et Milei veulent renforcer les liens économiques bilatéraux / Photo: Kenzo TRIBOUILLARD - AFP

Argentine : Macron et Milei veulent renforcer les liens économiques bilatéraux

Emmanuel Macron et son homologue argentin ultralibéral Javier Milei se sont retrouvés jeudi soir à l'Elysée pour renforcer les liens économiques entre les deux pays, au-delà des différends de fond sur le multilatéralisme et l'Europe, avec à la clé un investissement de près de 10 milliards de dollars du groupe français TotalEnergies en Argentine.

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Emmanuel et Brigitte Macron ont accueilli Javier Milei, venu accompagné de sa soeur Karina Milei, secrétaire générale de la présidence argentine, en fin d'après-midi dans une ambiance très conviviale.

Les deux dirigeants ont d'abord eu un entretien bilatéral suivi d'un échange avec des entreprises françaises déjà engagées en Argentine ou susceptibles d'y investir.

TotalEnergies, premier producteur étranger de gaz dans ce pays, a donné le ton en annonçant un investissement de près de dix milliards de dollars, au cours des prochaines années, sur trois projets déjà existants.

Javier Milei, fervent admirateur de Donald Trump, est en France jusqu'à samedi dans le cadre de "l'Argentina Week", un rendez-vous destiné à attirer des investissements européens dans son pays.

Emmanuel Macron, qui lui avait rendu visite en 2024, entend de son côté "maximiser les intérêts de la France auprès d'un pays important en Amérique latine", notamment dans les minerais critiques (lithium, cuivre..), a souligné l'Elysée.

"Il y a urgence" pour l'Europe à faire plus en la matière, concède l'Elysée alors que la Chine et les Etats-Unis mènent la course aux matériaux critiques et terres rares.

Le groupe minier français Eramet a d'ailleurs annoncé "déposer une demande" d'extension de son site de production de lithium à Centenario, soit un "investissement supplémentaire potentiel" de quelque 350 millions de dollars.

- "Energie abondante" -

Devant les participants à "l'Argentina Week", le président argentin, qui voyage avec une demi-douzaine de ministres, une dizaine de gouverneurs de provinces et des chefs de grandes entreprises, a vanté le potentiel du pays.

Face aux difficultés d'approvisionnement en gaz et pétrole causées par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, "l'Argentine peut et pourra vous offrir une énergie abondante, depuis une région pacifique, alignée sur les valeurs de l'Occident", a-t-il assuré.

Il a aussi mis en évidence les réserves de cuivre, de lithium et d'uranium argentines, "parmi les plus grandes de la planète" et un secteur minier avec "une croissance annuelle à deux chiffres".

"Les acteurs agricoles argentins et européens peuvent se compléter" et "ne sont en aucun cas des ennemis", a-t-il également assuré, alors que l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur a provoqué une levée de boucliers des agriculteurs en France.

La présidence française estime que "le bilan de cet accord, in fine, respectera nos intérêts" tout en assurant rester "très vigilante" sur ce point.

L'Elysée promettait par ailleurs un échange ferme sur les sujets qui fâchent: ONU, Union européenne ou Malouines.

Javier Milei est un féroce critique de l'Europe qui est, selon lui, "en train de couler", entre "État-providence pervers" et "problème migratoire terrible".

- "Milei dehors !" -

"Le président Macron aura à cœur de lui dire que, quoi qu'il en pense et en dise publiquement, l'Union européenne est une institution importante dont nous souhaitons qu'elle joue tout son rôle sur la scène internationale", soulignait un conseiller élyséen avant leurs échanges.

Le président argentin s'est aussi livré dernièrement à une violente charge contre l'ONU, la qualifiant d'"inutile" et au service d'une "caste de parasites", quand son homologue français a conclu son discours à la même tribune d'un "Vive les Nations unies".

L'Argentin Rafael Grossi, patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), n'en est pas moins candidat à la succession du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Sur les Malouines, archipel de l'Atlantique sud dont Buenos Aires et Londres se disputent la souveraineté, l'Élysée appelle au "calme et à la sérénité" ainsi qu'au "respect par l'Argentine" des procédures internationales pour le règlement des différends territoriaux.

Javier Milei, dopé par le soutien perçu de Donald Trump, a invoqué début septembre "des vents favorables" à la revendication historique de l'Argentine sur ces îles et annoncé des sanctions pour tout projet pétrolier britannique autour de l'archipel.

Élu en 2023 en brandissant une tronçonneuse contre "l'État ennemi" et la dépense publique, le président argentin, qui se décrit volontiers comme "anarcho-capitaliste", reste très clivant.

O.Wagner--MP