A Bruxelles, Macron appelle à conclure un accord sur le budget européen avant 2027
Le président français Emmanuel Macron a exhorté jeudi les dirigeants européens à conclure un accord sur le budget avant 2027, assurant que le contexte électoral rendrait ensuite toute tractation plus difficile.
La présidentielle française est dans six mois.
Mais elle était déjà dans tous les esprits lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement à Bruxelles.
Réunis dans la capitale belge, les dirigeants européens ont croisé le fer sur cette enveloppe volumineuse.
Sans toutefois parvenir à surmonter leurs blocages, malgré l'urgence grandissante à conclure un accord d'ici la fin de l'année, avant une cascade d'élections en 2027, dont la présidentielle en France.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a prédit, dès son arrivée à Bruxelles, de "très, très difficiles" négociations.
Dans la salle du Conseil, Emmanuel Macron a lui averti les autres dirigeants que parvenir à un accord serait encore plus difficile en 2027, selon des propos rapportés par plusieurs sources diplomatiques.
De quoi parle-t-on ?
Des moyens dont l'UE disposera de 2028 à 2034 pour financer ses missions, de l'agriculture à la défense et de la compétitivité à l'immigration.
Les dirigeants des 27 sont très divisés sur le montant total de l'enveloppe et sa répartition.
Ils ont invité jeudi le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui revient désormais la tâche délicate de mener à bien les discussions, de les faire avancer en vue d'obtenir un accord dans les meilleurs délais.
Car, pour plusieurs d'entre eux, le temps presse.
De l'Italie à la Pologne, de la Grèce à la France, en passant par la Finlande, 2027 sera une année d'élections, qui pourrait porter au pouvoir des dirigeants eurosceptiques susceptibles de rebattre les cartes des négociations budgétaires.
- Coup de pression de Le Pen -
Tous les yeux sont évidemment rivés sur l'élection présidentielle française, où la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen caracole en tête des sondages.
La cheffe de file du Rassemblement national (RN), qui promet de sabrer la contribution française au budget de l'UE si elle arrive au pouvoir, réclame que ces fonds ne soient pas adoptés avant 2027.
"Tout cela n'est pas sérieux", a-t-elle déploré mercredi lors d'une conférence de presse, à Bruxelles, estimant qu'adopter le budget avant ces échéances électorales serait un "scandale démocratique".
Selon plusieurs diplomates européens interrogés par l'AFP, la candidate française, à défaut d'être physiquement présente "dans la salle" du sommet, était bien dans tous les esprits.
- Macron contre Merz -
Deux principaux camps s'opposent sur le futur budget de l'UE.
D'un côté, les partisans d'un budget "ambitieux", comme la France, mais aussi des pays tels que la Pologne, l'Italie ou l'Espagne qui réclament plus de fonds pour l'agriculture et la cohésion sociale et territoriale.
De l'autre, on retrouve les "frugaux", emmenés par l'Allemagne de Friedrich Merz, mais aussi la Suède ou les Pays-Bas, qui réclament des coupes massives à la proposition de budget mise sur la table par la Commission européenne -- environ 2.000 milliards d'euros -- à l'heure où les budgets nationaux sont tous sous pression.
L'Irlande, qui occupe la présidence tournante de l'UE, a proposé samedi des coupes à hauteur de 140 milliards d'euros par rapport à la proposition initiale de Bruxelles, en réduisant notamment les dépenses dédiées à la compétitivité ou à l'aide au développement.
Mais cette idée n'a satisfait aucun camp.
Afin d'abonder ce budget, Paris pousse depuis plusieurs mois pour de nouvelles recettes européennes, via diverses taxes, tout comme la Commission européenne. Mais cette solution ne fait pas l'unanimité parmi les 27.
Après avoir débattu du budget et des relations avec la Chine, les dirigeants européens tourneront leur attention vendredi vers l'Ukraine, en présence du président Volodymyr Zelensky, qui s'est déjà entretenu jeudi avec plusieurs d'entre eux.
H.Klein--MP