A la Maison Blanche de Donald Trump, le retour des turbulences à mi-mandat
Au sein de la Maison Blanche de Donald Trump, les turbulences ressurgissent après une première partie de second mandat relativement disciplinée, ravivant le souvenir de sa première présidence chaotique.
Du départ avec fracas, au bout de cinq jours seulement, de sa nouvelle porte-parole, aux interrogations sur l'avenir de sa très fidèle cheffe de cabinet, Susie Wiles, les remous se sont multipliés ces dernières semaines.
Au pire moment possible pour Donald Trump, quand de nombreux républicains craignent que la popularité en berne du président américain nuise à leur camp aux élections de mi-mandat, le 3 novembre.
La Maison Blanche dément avec force l'existence de luttes intestines au sein de ce que les médias américains ont surnommé la "wild wild west wing" - un jeu de mots qu'on pourrait traduire par "l'aile ouest sauvage", en référence à l'aile exécutive de la résidence présidentielle.
Elle a notamment balayé les bruits selon lesquels Donald Trump chercherait à remplacer Susie Wiles.
"Les +sources+ anonymes qui colportent ces absurdités sont des opportunistes égoïstes qui ne pensent qu'à eux-mêmes. Nous sommes concentrés sur le président et le peuple américain", a déclaré dans un communiqué une porte-parole de la Maison Blanche, Danielle Alvarez, assurant que "personne ne se laissait distraire par des FAUSSES INFORMATIONS".
- "Dame de glace" -
Donald Trump a réaffirmé lundi son soutien à Susie Wiles en la plaçant à la tête d'une initiative en faveur de la santé des femmes lancée par la Première dame Melania Trump, qualifiant de "formidable battante" sa cheffe de cabinet, atteinte d'un cancer du sein.
Le milliardaire octogénaire surnomme Susie Wiles - première femme à occuper ce poste stratégique - la "dame de glace" pour la manière dont cette stratège politique venue de Floride a orchestré sa victoire à l'élection présidentielle de 2024 et a maintenu, jusqu'à récemment, une discipline de fer à la Maison Blanche.
Finies les fuites incessantes de responsables mécontents, les querelles entre les membres de la famille Trump et les ministres, et le tourbillon de départs qui avaient émaillé le premier mandat de Donald Trump.
Jusqu'à une série de soubresauts qui a ponctué les deux dernières semaines.
Donald Trump a d'abord recruté l'inexpérimentée Katie Zacharia comme porte-parole en court-circuitant largement Susie Wiles, selon des responsables gouvernementaux.
Cinq jours plus tard, Katie Zacharia était écartée après une seule conférence de presse de 14 minutes, au cours de laquelle elle n'a répondu qu'aux questions de trois journalistes.
Le président américain a ensuite renvoyé son ambassadrice en Grèce Kimberly Guilfoyle - ex-fiancée d'un de ses fils -, notamment accusée d'avoir sollicité de l'argent auprès d'un de ses soutiens.
Puis il a coupé court au projet de son ministre de la Défense, Pete Hegseth, de diffuser en direct l'exécution par peloton d'exécution de l'auteur d'un attentat sur une base militaire.
- "Chaotique" -
Ces tensions ont irradié jusqu'au département d'État, où un proche de Donald Trump, Paolo Zampolli, a qualifié l'administration en place de "chaotique" après avoir été démis de ses fonctions d'envoyé spécial après une altercation avec un haut responsable.
Dans le même temps, Donald Trump a opéré un nouveau rapprochement avec la Russie. Il a annoncé un accord sur le diesel avec Vladimir Poutine, a multiplié les attaques contre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et été aux prises avec Elon Musk à propos du réseau satellitaire Starshield précieux à Kiev.
Donald Trump répète qu'il est concentré sur les élections de mi-mandat et sillonne quotidiennement le pays pour faire campagne.
Le problème ? Nombre de républicains craignent que sa popularité au plus bas et la colère des Américains face à la flambée des prix du carburant, tirés par sa guerre contre l'Iran, rebutent les électeurs.
Un mauvais résultat aux "midterms" placerait Donald Trump sous pression. A la Maison Blanche, des hauts responsables soutiennent que des sondages en interne montrent que le camp républicain peut encore l'emporter et se disent, dans le cas inverse, prêts à se montrer combatifs.
Si l'opposition démocrate s'empare du Congrès, elle devrait initier de multiples enquêtes visant Donald Trump - qui a averti lui-même qu'il risquait de faire face à une procédure de destitution.
Les deux dernières années de son second mandat s'annonceraient alors mouvementées.
D.Johannsen--MP