Münchener Post - Au moins 11.000 personnes manifestent à Orléans contre le congrès du RN

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Au moins 11.000 personnes manifestent à Orléans contre le congrès du RN
Au moins 11.000 personnes manifestent à Orléans contre le congrès du RN / Photo: ROMAIN PERROCHEAU - AFP

Au moins 11.000 personnes manifestent à Orléans contre le congrès du RN

Point d'orgue d'un nouveau samedi de mobilisation sous haute surveillance partout en France, 11.000 personnes selon la préfecture, 26.000 selon les organisateurs, manifestent à Orléans contre le congrès du Rassemblement national et le premier grand meeting de campagne de Marine Le Pen dans la préfecture du Loiret.

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Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko a estimé que les tirs meurtriers survenu vendredi dans les Yvelines nécessitait de se rassembler contre le RN, largement en tête des sondages pour la prochaine élection présidentielle.

 

Un homme soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration a tué vendredi dans les Yvelines une personne, un homme noir de nationalité française né en 2000, et fait cinq blessés, dont une fillette "toujours en urgence absolue".

"Il y a la République et il y a les racistes en face de nous", a déclaré à l'AFP le maire de cette commune, Ali Rabeh, également présent dans la manifestation. "Quand (Jordan) Bardella et Marine Le Pen disent que Trappes, c'est Kaboul, c'est une république islamiste, eh bien oui, on peut avoir un type à côté de Trappes qui se dit que c'est son rôle de faire la guerre à une république islamiste", a-t-il lancé.

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure et la députée écologiste Clémentine Autain figuraient aussi en tête de cortège.

"Macron démission, Le Pen en prison", a scandé la foule. "Plus chauds que les fachos", "la jeunesse emmerde le Rassemblement national", pouvait-on lire sur des pancartes.

- "Banalisation de l'extrême-droite" -

"Je suis venu pour dénoncer ce congrès et la banalisation de l'extrême droite dans notre pays où la haine raciste et islamophobe a tué. Arrêtons d'avoir peur, il est encore temps de battre le RN", a déclaré à l'AFP Romain Ruiz, un avocat âgé de 36 ans.

 

Pour encadrer le cortège et sécuriser le congrès du parti d'extrême droite, tous les effectifs de police locaux ont été mobilisés, renforcés par quinze compagnies de CRS et de gendarmes mobiles. Soit près de 3.000 hommes "bien équipés" avec deux blindés Centaure, des engins lanceurs d'eau, des hélicoptères et des drones, prêts à contenir les 2.000 à 3.000 "éléments radicaux" qui pourraient se fondre dans la masse, selon les autorités.

Au sommet de l'exécutif, secoué par les menaces sécuritaires sur le pays et l'attaque vendredi qualifiée "d'attentat raciste" dans les Yvelines, on s'inquiète de ce congrès qui pourrait agir "comme un pot de miel" pour "tous les dingues" prêts à en découdre, qu'ils soient d'ultragauche ou d'ultradroite.

Le maire (DVD) d'Orléans, Serge Grouard, a annoncé l'instauration d'un couvre-feu sur l'ensemble de la commune durant les deux prochaines nuits pour les mineurs de moins de 15 ans. "On a essayé d'anticiper tout ce que l'on pouvait anticiper. Je n'ai pas peur", a-t-il déclaré.

La municipalité a fermé l'office de tourisme, la médiathèque, les parcs et jardins, et ordonné aux restaurants de ne pas ouvrir leurs terrasses. Les tramways sont à l'arrêt, la circulation interdite dans le coeur historique de la cité.

- Rassurer les troupes -

De l'autre côté de la Loire, calfeutrés dans l'enceinte du Zénith, 5.000 militants et cadres du RN ont rendez-vous à partir de 14H30 pour réélire leur président Jordan Bardella, seul candidat à sa succession.

L'absence de suspense n'a pas empêché plus de deux tiers (68%) des adhérents de participer au vote, qui doit aussi renouveler les instances internes. L'autoproclamé "premier parti de France" et ses 160.000 membres revendiqués apparaissent donc soudés derrière leur chef, pourtant fragilisé ces dernières semaines par des accusations d'antisémitisme - qu'il conteste farouchement.

Rien ne semble pouvoir entraver la dynamique d'une formation politique lancée à la conquête du pouvoir avec une confiance insolente. D'autant plus que les sondages placent plus que jamais Marine Le Pen largement en tête au premier tour et gagnante face à tous ses adversaires potentiels au second.

Une avance que l'ultra-favorite de la course à l'Elysée va exploiter dimanche, pour son premier grand meeting de campagne au Co'Met, arène de 10.000 places qu'elle espère voir remplie, malgré les "messages de crainte" remontés de la base jusqu'à la direction du RN après les violences du weekend dernier.

La quadruple candidate s'est employée à rassurer ses troupes, affirmant qu'elle n'avait "pas d'inquiétude" quant à la bonne tenue de l'événement.

"C'est un peu la campagne à venir qui se joue", a estimé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, venu lui-même "inspecter le dispositif" vendredi, tandis que le préfet Hugues Moutouh a interdit toute manifestation dimanche dans une grande partie de l'agglomération orléanaise.

Marine Le Pen entend se présenter à Orléans en garante d'une "France apaisée", porteuse d'une promesse de "renaissance" dont elle fera le thème central de son discours.

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S.Kraus--MP