Münchener Post - Dakar: le pilote de légende Jacky Ickx défend l'esprit d'aventure de Thierry Sabine mort il y a 40 ans

München - 8°C

DANS LES NOUVELLES

Dakar: le pilote de légende Jacky Ickx défend l'esprit d'aventure de Thierry Sabine mort il y a 40 ans
Dakar: le pilote de légende Jacky Ickx défend l'esprit d'aventure de Thierry Sabine mort il y a 40 ans / Photo: Dominique FAGET - AFP

Dakar: le pilote de légende Jacky Ickx défend l'esprit d'aventure de Thierry Sabine mort il y a 40 ans

Quarante ans après la mort accidentelle du créateur du Paris-Dakar Thierry Sabine, la légende du sport automobile Jacky Ickx défend l'esprit de ce pionnier de "la course la plus dure du monde", que le champion belge de 81 ans qualifie même d'épreuve "existentielle".

Taille du texte:

Le pilote à la renommée mondiale affirme aussi dans un entretien avec l'AFP que le mythique rallye-raid, dorénavant en Arabie saoudite, a gardé intacte sa "philosophie" des débuts en Afrique, même s'il reconnaît à demi-mot que cette aventure "flamboyante" a perdu son aura des années 1980-1990.

C'est "la course la plus dure du monde (...) car elle vous force à redescendre sur terre, à vous découvrir, à connaître vos qualités et vos faiblesses et à vous mettre à l'épreuve de difficultés" hors du commun, développe l'octogénaire qui s'est taillé la stature d'un vieux sage.

Le double vice-champion du monde de F1 et sextuple vainqueur des 24 Heures du Mans, notamment avec Porsche, avait bouclé son impressionnante carrière avec le rallye-raid et remporté en 1983 le Paris-Dakar, avec l'acteur français Claude Brasseur comme copilote d'une Mercedes.

- Disparu à 36 ans -

Rentré du désert saoudien où se dispute en ce moment le 48e Dakar, Jacky Ickx se rappelle qu'il était au Mali le 14 janvier 1986, lorsque Thierry Sabine s'était tué, à 36 ans, dans le crash d'un hélicoptère. L'appareil transportait aussi le chanteur star et militant humanitaire Daniel Balavoine, son pilote François-Xavier Bagnoud, la journaliste Nathalie Odent et le technicien radio Jean-Paul Le Fur.

Attaché de presse, passionné de sports mécaniques, épris d'aventures, Sabine avait monté et participé dès les années 1970 à des courses et rallyes auto et moto, dont le très éprouvant "Côte d'Ivoire à Côte d'Azur", d'Abidjan à Nice. En panne de moto dans le désert libyen, il fut sauvé de justesse en janvier 1977 après avoir erré à pied et sans eau.

Le Paris-Dakar est alors né dans la tête et le coeur de Sabine, la caravane s'élance le 26 décembre 1978 et le succès est immédiat, se rappelle Ickx.

La course attire pilotes professionnels, amateurs qui ont le goût de l'aventure, du risque et des grands espaces, ainsi que des célébrités comme Balavoine, Brasseur, Michel Sardou, Caroline de Monaco, et Johnny Hallyday.

Sabine "sortait du lot", avait le "charisme d'un général d'armée" et sa "disparition a été un manque pour tout le monde", salue Ickx, ému.

Et 40 ans après la mort de son créateur, "la philosophie du Dakar n'a pas changé" et "perdure dans le temps", soutient-il.

Que ce soit en Afrique, puis en Amérique du Sud de 2009 à 2019 ou en Arabie saoudite depuis 2020, le Dakar est une "épreuve toujours flamboyante, plus difficile que jamais" et qui "permet de se positionner dans l'existence", philosophe Ickx.

- Indifférence -

Certes, le rallye s'est professionnalisé, coûte des dizaines de millions d'euros, est brocardé par les défenseurs des droits humains et militants humanitaires et environnementaux.

Mais, défend Jacky Ickx, le Dakar permet encore "la découverte d'autres horizons, dans une course infiniment longue, pleine de (défis) personnels sur lesquels on ne peut pas tricher".

Comment expliquer alors que le rallye se déroule chaque année en janvier dans une relative indifférence du public? Ickx constate qu'il y a "moins d'intérêt, peut-être en France, qui a vécu (dans les années 1980-1990) à l'heure du Dakar".

"Il y avait ceux qui partaient, ceux qui restaient et qui regardaient ceux qui partaient avec envie, parce qu'ils allaient à l'aventure, dans un autre univers", se remémore le Bruxellois.

Avec nostalgie, il raconte que lors des premiers Paris-Dakar, le long de la route "nationale 20 (NDLR: entre Paris et la frontière espagnole), un million de personnes suivaient le passage du Dakar qui allait à Sète", port de l'Hérault (sud) d'où la caravane embarquait pour Alger.

Quant à Balavoine, mort à 33 ans, "on écoute toujours ses chansons, elles n'ont pas pris une ride", conclut-il.

F.Koch--MP