Tour de France: les favoris chacun dans son coin
A un mois du départ du Tour de France, les favoris s'évitent soigneusement pour se préparer chacun dans son coin, à l'image de Paul Seixas qui dispute le Tour Auvergne-Rhône-Alpes à partir de dimanche.
Si les confrontations entre meilleurs font le sel de chaque sport, le cyclisme a toujours occupé une place à part avec un calendrier de courses épais qui offre de multiples possibilités pour permettre à différents types d'athlètes de s'épanouir, mais aussi de s'éviter.
Ainsi Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, qui ont gagné à eux deux les six derniers Tours de France, ne se sont retrouvés au départ d'une course qu'une seule fois depuis la dernière Grande Boucle, aux Championnats d'Europe en octobre. Et encore ce fut très furtif puisque le Danois a rapidement abandonné pendant que le Slovène s'envolait vers le titre.
Beaucoup regrettent ce manque de confrontations directes et estiment qu'il constitue l'un des principaux freins au développement du cyclisme.
Cette année, la tendance est particulièrement flagrante puisque tous les principaux favoris du Tour de France (4-26 juillet) ont une approche différente en vue de la seule épreuve in fine capable de les réunir.
En mai, Jonas Vingegaard a été l'unique cador à participer au Tour d'Italie qu'il a remporté haut la main dimanche. Après quelques jours de repos chez lui, le Danois, qui n'a plus aucune course au programme, se rendra à Tignes, dans les Alpes françaises, pour terminer sa préparation.
"Je suis persuadé que c'est la meilleure préparation pour le Tour et que j'y serai encore plus fort", a-t-il insisté.
- Pogacar et Seixas en Sierra Nevada -
Son grand rival Tadej Pogacar, après une campagne des classiques exceptionnelle - quatre victoires et une deuxième place à Paris-Roubaix en cinq courses – ainsi qu'un Tour de Romandie facilement remporté, va, lui, peaufiner les derniers réglages au Tour de Suisse (17-21 juin) qu'il découvrira.
Ces dernières semaines, le Slovène, entre deux reconnaissances d'étapes du Tour dans les Vosges et en Haute-Savoie, a passé l'essentiel de son temps à s'entraîner en altitude dans la Sierra Nevada espagnole.
Sous le soleil andalou, il a pu croiser Paul Seixas qui, après sa deuxième place à Liège-Bastogne-Liège le 26 avril, s'est offert un stage de 16 jours en Espagne.
Le prodige français de 19 ans y a avalé quasiment l'équivalent du dénivelé total du Tour de France, avant d'enchaîner sur la reconnaissance des étapes pyrénéennes.
Il sera à partir de dimanche le favori du Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ex-Dauphiné) où il y aura du beau monde avec Isaac Del Toro, le lieutenant de Pogacar pour le Tour, Joao Almeida, autre leader d'UAE, et Juan Ayuso, de retour après deux abandons sur Paris-Nice et le Tour du Pays basque.
- Evenepoel, 68 jours sans course -
Mais pas Remco Evenepoel, qui était prévu au départ avant de changer de stratégie et d'opter carrément pour le zéro course entre sa troisième place à Liège-Bastogne-Liège fin avril et le départ du Tour de France le 4 juillet à Barcelone, soit 68 jours sans mettre un dossard.
"Sur une course comme le Dauphiné, on ne sait jamais comment les choses vont se dérouler: si ça va rouler très vite ou plus calmement. Nous, on veut garder le contrôle de la charge, du stimulus, du progrès et du processus. On veut préparer Remco au millimètre près pour le Tour", a expliqué Patxi Vila, son directeur sportif chez Red Bull Bora, au quotidien belge La Dernière Heure.
Comme Pogacar et Seixas, le troisième du Tour 2024 a mis le cap sur la Sierra Nevada pour alterner sorties longues, efforts plus explosifs et sessions sur son vélo de contre-la-montre en compagnie de Florian Lipowitz, destiné à être son co-leader en juillet.
En juin, l'Allemand fera lui aussi bande à part en se contenant du modeste Tour de Slovénie (17-21 juin).
"Il y aura moins d'attentes et moins de stress", souligne Lipo qui bouclera sa préparation avec un rappel altitude dans la station autrichienne de Kühtai avec sa compagne, la VTTiste Antonia Weeger.
Y.Ingvar--MP