Dangers de l'IA: le patron de Nvidia plaide pour un "optimisme responsable"
Le patron du géant américain des semi-conducteurs Nvidia a appelé jeudi à un "optimisme responsable" envers l'intelligence artificielle et estimé qu'il ne fallait pas "étouffer" cette technologie malgré les avertissements de certains acteurs du secteur.
Lors d'une conférence de presse à Berlin clôturant un séminaire sur l'IA de deux jours dans la capitale, Jensen Huang a critiqué les "doomers", convaincus que cette technologie échappera au contrôle de l'humanité et menacera sa survie.
"Quand vous dites que ce sera la fin de la civilisation humaine, ce n’est pas vrai. C’est une invention", a déclaré le dirigeant, jugeant que ce type de scénario prospère parce qu'il "fait les gros titres".
Les patrons et les dirigeants politiques doivent au contraire "décrire un futur non pas de peur, mais d'optimisme".
Nvidia domine le marché des puces utilisées pour entraîner et faire fonctionner les modèles d'IA, qu'il s'agisse de ceux d'OpenAI ou de nombreuses jeunes pousses.
Mais l'essor de l'IA générative inquiète aussi à cause de l'absence de garde-fous, après une série d'incidents révélés ces derniers mois, lors desquels des modèles d'OpenAI, Anthropic, Google et Meta ont fait intrusion sur des dizaines de sites Internet.
"Si vous savez que vous êtes en train de générer des dommages, vous devez vous arrêter tout de suite", a continué Jensen Huang.
Opposé à une régulation stricte des systèmes d'IA, Nvidia recommande plutôt à ses clients d'acheter son nouveau dispositif pour enfermer les agents d'IA qui dérapent.
Fin septembre, le cofondateur de Microsoft Bill Gates a averti que l'IA, entre de mauvaises mains, peut désormais créer des virus tuant des centaines de millions de personnes ou des cyberattaques paralysant le réseau électrique.
"Il ne faut pas essayer d'étouffer l'IA", a insisté M. Huang, pointant son rôle crucial dans le financement des futurs systèmes de production d'électricité.
Lors de sa tournée européenne, Nvidia a promis près de 10 milliards de dollars d'investissements dans le secteur technologique du continent et exhorté l'Europe, en retard dans la course à l'IA, à aller plus vite.
"Dites à l’Europe : l’IA crée des emplois", a-t-il martelé, incitant le Vieux continent à renforcer son tissu de start-up d'IA et son marché du capital-risque.
P.Mueller--MP